Penser l’espace collaboratif idéal à l’aide du Design Thinking

Le jeudi 5 décembre, je me suis glissé dans la troisième rencontre des entrepreneurs et des innovateurs sociaux donnée par l’Institut du Nouveau Monde, dont le thème était : concevoir un espace collaboratif en utilisant de Design Thinking. L’expression – qui me rebutait un peu au départ (encore un nouvel anglicisme en plus d’une reformulation aguichante de ce qui existe déjà, me disais-je) est une façon innovante de créer des projets ou tout simplement de réfléchir, en groupe, aux solutions d’un problème précis ou même penser un modèle d’affaire pour son entreprise.

La question sur laquelle le groupe devait plancher était la suivante : quel est l’espace collaboratif idéal ?

Mini-conférence et méthodologie de l’activité

En premier lieu, nous avons eu droit à une courte (courte) conférence sur le sujet. Le Design Thinking repose sur la créativité, une approche collective, un cadre agréable et stimulant, un processus structuré en plus d’une attitude et d’une culture favorable au partage des idées. Les valeurs promues durant l’exercice sont l’empathie, une pensée holistique (l’interdisciplinarité), l’optimisme à tout instant, l’expérimentation et enfin la collaboration. Pour répondre au problème posé, nous nous sommes divisés en trois groupes de quatre personnes et si mes calculs sont bons, ça fait douze. Sur chaque table, chaque groupe avait une petite malle remplie d’objets à sa disposition – et avec lesquels nous devions représenter, visuellement, un espace collaboratif idéal. Les uns avaient des briques de Lego, les autres, un tas de bricoles qu’on pourrait ramasser chez soi : des perles, des lacets, des cadenas et patati et pâtes à tables…

Le côté émotion

La première phase préconisait de se laisser guider par ses intuitions, d’exprimer ses émotions sur la question et non d’emblée réfléchir à telles ou telles contraintes. Dans notre groupe, les lacets devenaient ainsi des liens entre les personnes qui iraient dans ces espaces collaboratifs, les cubes seraient des divans pour s’affaler, les post-it de grands tableaux blancs ou l’on pourrait dessiner des cartes heuristiques à n’en plus finir, un trombone représentait le sentiment d’attache des usagers avec l’espace, une clé devenait l’accès aux ressources, un dé montrait l’aspect ludique du lieu. Ce n’est pas fini! Des bâtonnets de glace  montraient l’importance de pouvoir se restaurer sur cette place après quoi, d’autres cubes faisaient office de toilettes à portée de…

Le côté réflexion

La seconde phase était l’analyse en grand groupe de chaque œuvre d’art : il était autorisé de commenter, de discuter des points forts et des limites, les contradictions de chaque modèle puis de tenter de trouver des solutions.  Le tout permet VÉRITABLEMENT de saisir PRESQUE TOUTES les dimensions de la question posée au départ. Retenez tout simplement que l’espace collaboratif se doit être un lieu de vie et de plaisir accessible à tous, que les activités menées se doivent d’être en cohérence avec les valeurs de la communauté, qu’il s’agit d’un lieu d’accélération de projets et enfin d’un endroit d’éducation permanente pour ses usagers.

En somme

J’avais beaucoup de  réticences au départ pour le côté « youpi, on va s’amuser les ami-e-s ! ». Au final, je me disais qu’une façon plus classique de « brainstormer » (remue-méninger en français, excusez moi…) aurait été moins efficace à tous les niveaux. La participation aurait été chaotique ce qui impliquerait les inimitiés propre au travail de groupe mal conçu et enfin, le résultat final ne serait pas comestible du tout.